Fritz ZUHBER BUHLER (1822-1896)
Innocence
N'oublie pas tes soeurs
Par une journée chaude et humide, une jeune épouse en visite chez sa mère, buvait un thé glacé. Alors qu'elles parlaient de la vie, du mariage, des
responsabilités et obligations de la vie d'adulte, faisant tinter les glaçons dans son verre, la mère pensive jeta un regard franc à sa fille:
- N'oublie pas tes soeurs!
lui lança-t-elle en faisant tournoyer les feuilles de thé vers le fond de son verre. Avec le temps, elles deviendront plus importantes. Peu
importe combien tu aimes ton mari, les enfants que vous aurez, tu auras toujours besoin de tes soeurs. Sors avec elles et fais aussi des activités. Souviens-toi que le mot "Soeurs"
signifie toutes les femmes... vos amies, vos filles et toutes les femmes apparentées aussi... Les femmes ont besoin des autres femmes.
La jeune femme pensa: "Quel étrange conseil! Je viens tout juste de me marier, de joindre le monde des couples, je suis maintenant une femme mariée et une adulte. Mon mari et la
famille que nous aurons me suffiront, ils seront tout ce dont j'ai besoin pour donner un sens à ma vie!".
Mais elle suivit tout de même le conseil de sa mère. Elle garda le contact avec ses soeurs et eut de nouvelles amies à chaque année. Alors que les années passaient, elle réalisait
graduellement que sa mère savait très bien de quoi elle parlait; le temps et la nature changent la femme et les soeurs deviennent un soutien indispensable.
Après plus de 60 ans de vie, j'ai appris que:
le temps passe - la vie se déroule rapidement - la distance nous sépare -les enfants nous quittent - le travail va et vient - l'amour grandit puis décline - les hommes ne peuvent pas toujours
répondre à nos attentes - les coeurs se brisent - les déceptions s'accumulent - les parents meurent - les carrières prennent fin.
Mais...j'ai appris aussi que:
Vos soeurs sont là qu'importent le temps et la distance entre vous. Une amie n'est jamais plus loin que le besoin que tu as d'elle. Lorsque tu dois cheminer dans la longue vallée
solitaire, les soeurs de ta vie seront là pour t'encourager. Elles prieront pour toi, interviendront en ta faveur et t'accueilleront à bras ouverts au bout du chemin. Elles
t'accompagneront dans les jours sombres, elles riront et pleureront à tes côtés. Vous échangerez des connaissances et partagerez des secrets. Les souffrances seront allégées.
Amies, filles, petites-filles, brus, soeurs, belles-soeurs, mères, belles-mères, grand-mères, tantes, nièces, cousines et celles de familles élargies, toutes sont bénies.
Le monde de serait pas pareil sans les femmes et moi non plus. Quand nous avons commencé notre aventure de femme adulte, aucune ne pouvait imaginer les joies et les peines que nous allions
rencontrer. Nous n'imaginions pas à quel point nous allions avoir besoin les unes des autres. Passez ce message à toutes les femmes qui donnent du sens à votre vie.
Une femme qui vous aime et qui vous comprend.
P.S. Nous publions ce texte sans en connaître la source. Quelqu'une nous l'a transmis du net. Si vous en connaissez la provenance, n'hésitez pas à nous la communiquer!
L'Équipe
Canel qui vous dit merci!
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Une lettre de Jacques Salomé
Ce que la vie m'a appris
(extrait du journal La Presse, Montréal, automne 2008)
Très ému de recevoir le prix
du Grand public / La presse au dernier salon du livre de Montréal (dans la catégorie ouvrages pratiques), Jacques Salomé a écrit une lettre pour témoigner de sa reconnaissance envers la vie. Nous
la publions intégralement pour le plaisir de nos lecteurs.
Jacques Salomé
collaboration
spéciale
Je devrais plutôt tenter de dire ce que, les séparations, les découvertes, les éblouissement comme les désespérances m'ont appris dans le sens de me
découvrir, de me construire, d'influencer le déroulement de mon existence.
J'ai ainsi appris que la vie n'est faite que de rencontres et de séparations et qu'il nous appartient de les vivre en acceptant de nous responsabiliser
face à chacune.
J'ai appris encore qu'il y a toujours une part d'imprévisible dans le déroulement des jours et donc qu'il m'appartient de savoir accueillir les cadeaux inouïs ou les
blessures qui peuvent surgir dans l'immensité d'un jour.
J'ai appris bien sûr à vivre au présent, à entrer de plain-pied dans l'instant, à ne pas rester enfermé dans mon passé ou me laisser envahir par des projections sur un
futur trop chimérique.
J'ai appris avec soulagement que je pouvais désapprendre
tout l'inutile dont je me suis encombré pendant des années
J'ai appris tardivement à remercier, chaque matin, la Vie d'être présente en moi et autour de moi, à l'honorer chaque fois que cela m'est possible, à la respecter en toute
occasion, à la dynamiser avec mes ressources et mes limites.
J'ai appris difficilement à m'aimer, non d'un amour narcissique ou égocentrique (même si la tentation était grande) mais d'un amour de bienveillance, de respect et de
tolérance.
J'ai appris avec beaucoup de tâtonnements à me respecter en
osant dire non quand je suis confronté à des demandes qui ne correspondent pas à mes possibilités ou à ma sensibilité.
J'ai appris avec enthousiasme que la beauté est partout, dans le vol d,un oiseau, comme dans le geste d,un enfant pour tenter de capter le vol d'un papillon ou
encore dans le sourire d'un vieillard qui croise mon chemin.
J'ai appris patiemment que nul ne sait à l'avance la durée d'une vie d'un amour et que toute relation amoureuse est une relation à risque. Des risques que j'ai
pris.
J'ai appris douloureusement que je n'avais pas assez pris de temps pour regarder mes enfants quand ils étaient enfants, que j'aurais dû savoir jouer et rire
avec eux, plus souvent et surtout chaque fois qu'ils me sollicitaient, que je n'avais pas su toujours les entendre et les accueillir dans leurs attentes profondes et surtout que j'avais trop
souvent confondu mon amour pour eux avec quelques-unes de mes peurs tant je voulais le meilleur pour eux, tant je désirais les protéger des risques (que j'imaginais) de la vie.
J'ai appris avec beaucoup de surprise que le temps s'accélérait en vieillissant et qu'il était important non pas d'ajouter des années à la vie, mais de la vie
aux années.
J'ai appris malgré moi que je savais beaucoup de choses avec ma tête et peu de chose avec mon coeur.
J'ai appris que je pouvais oser demander si je prenais le risque de la réponse de l'autre aussi frustrante ou décevante qu'elle puisse être, que je pouvais
recevoir sans me sentir obligé de rendre, que je pouvais donner sans envahir l'autre et refuser sans le blesser.
J'ai appris, sans même le vouloir, que j'avais des besoins et qu'il ne fallait pas les confondre avec des désirs.
J'ai appris avec soulagement que je pouvais désapprendre tout l'inutile dont je me suis encombré pendant des années.
J'ai appris joyeusement à planter des arbres, c'est le cadeau le plus vivant que je peux faire jusqu'à ma mort à cette planète merveilleuse qui a accueilli mes
ancêtres et surtout mes géniteurs.
J'ai appris doucement à recevoir le silence et à méditer quelques minutes chaque jour pour laisser aux vibrations de l'univers la possibilité de me rejoindre et de
m'apprivoiser encore un peu.
Oui j'ai appris beaucoup dans ma vie et pourtant je cherche encore l'essentiel.
Par canel
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